dimanche 20 décembre 2009

Des flots de «fausse monnaie» entre 450 000 et 475 000 milliards de dollars !




«une crise pire encore nous menace»

L'année 2009 se termine presque comme elle avait commencé. Les dérives de la finance continuent de nous accaparer. Et pis, en Suisse, nous apprenons que les responsables de la débâcle d'UBS échapperont à la justice et que les accords négociés par le Conseil fédéral sur la fraude fiscale ne calment toujours pas la pression des pays étrangers. Le seul vrai changement, c'est que le chômage augmente et que les flux financiers reprennent de plus belle autour de la planète, avec leur lot de bénéfices toxiques et de bonus.

De toute évidence, le monde ne tourne pas rond. Pour comprendre ce qui se passe au terme d'une année de crise, «Le Matin» s'est adressé au célèbre enquêteur économique Jean Montaldo. Ce journaliste français, auteur cet été d'une retentissante «Lettre ouverte aux bandits de la finance» (Ed. Albin Michel), dresse pour nous le tableau hallucinant d'un système «casino» qui semble reparti de plus belle.

Vous êtes vraiment certain que les leçons de la crise financière mondiale n'ont pas été tirées?

Je vais même plus loin: il faut s'attendre à une nouvelle onde de choc, plus violente encore, d'ici à la fin de 2010 sans doute. La peste financière poursuit son œuvre. Les mêmes malades continuent de générer des flots de «fausse monnaie», que j'évalue entre 450 000 et 475 000 milliards de dollars! Aucun grand ponte de la finance ne m'a contredit jusqu'ici.

Comment est-ce possible, les politiques ont sévi et de nouvelles règles internationales se mettent en place, non?

C'est bien le problème. Les politiques, à commencer par le G20, n'ont pas le courage de s'attaquer à la racine du mal. Les financiers de casino ont toujours le droit de jouer avec de monstrueuses opérations virtuelles entre banques, que même de grands PDG avouent ne pas comprendre eux-mêmes.

Quels indices vous servent à brosser un tableau aussi apocalyptique?

Il suffit d'observer l'année écoulée. Au début, les grandes banques de la planète se sont révélées virtuellement en faillite et les Etats ont dû les sauver avec l'argent du contribuable. Et que voit-on? Les mêmes établissements se remettent à présenter des résultats exceptionnels avec des marges aussi suspectes qu'avant. Ce rebond ne vient pas de leur rôle premier – financer l'économie –, ce que les banques n'ont plus été en mesure de faire. Non, il s'agit bien du retour de la spéculation sur des produits hautement toxiques, que le G20 n'a pas voulu interdire.

Voyez-vous une lueur d'espoir pour arrêter ce massacre?

Quand j'en parle aux responsables politiques, ils reconnaissent le problème, sans toutefois dire clairement ce qu'ils vont faire. La consanguinité entre finance et politique permet ce truc de fou qui va finir de faire imploser l'économie mondiale.

N'est-ce pas désespérant de voir la justice baisser aussi les bras, comme cette semaine en Suisse face aux responsables de la débâcle d'UBS?

Oui, cela me désole, mais la Suisse n'est pas seule à laisser faire. Vous savez, je ne suis pas un affreux marxiste. Je suis un défenseur du système capitaliste et mes enquêtes m'ont permis de prouver que les grands banquiers de ce monde ont consciemment agi comme des irresponsables et des criminels pour justifier leurs bonus insensés. A l'image de Marcel Ospel, je les désigne nommément dans mon dernier ouvrage et personne n'a porté plainte contre moi! Donc, oui, pour sauver le système capitaliste, il faut punir ces gens et exiger qu'ils rendent les fortunes encaissées. Mais il y a plus urgent encore, je le répète, c'est d'interdire les pratiques toxiques.

 La Suisse continue d'être fortement attaquée. Quelle est sa responsabilité dans le casino mondial que vous nous décrivez?

En tant que spécialiste des vrais paradis fiscaux, je peux vous dire que la Suisse n'est pas une zone de non-droit. La nouvelle catastrophe mondiale qui nous guette ne se jouera pas d'abord chez vous. En ce moment, ce sont davantage les paradis informatiques plutôt que fiscaux qui nous menacent, comme les Bermudes ou la Russie.

Quand vous voyez votre gouvernement essayer de faire sauter le secret bancaire suisse avec des listes de clients volées, vous trouvez que tous les moyens sont bons ou que c'est exagéré?

Cette affaire de la banque HSBC est scandaleuse! Notre gouvernement fait chanter de supposés fraudeurs du fisc grâce à du recel. Oui, le recours à ces listes volées n'est rien d'autre que du recel. Pendant ce temps, les financiers de casino, eux, peuvent poursuivre leurs méfaits sans être inquiétés et en assurant leurs bonus…

 Lutter contre la fraude fiscale de ceux qui engrangent des millions ne serait pas prioritaire?

C'est important, mais l'urgence est bien de stopper les serial killers du casino financier.


Le système bancaire actuel cause la pauvreté en face de
l'abondance en endettant tous les pays et personnes. Les prêts à intérêts ne sont pour la plupart que de simples écritures tirées du néant, c'est à dire de la fausse monnaie,
selon Maurice Allais, Prix Nobel d'économie en 1988
dans « La crise mondiale aujourd'hui »
(Ed. Clément Juglar 1999).
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